Aubert et Duval : :

des annonces de suppressions d’emplois insupportables !

Dans un entretien au quotidien La Montagne du 09 octobre 2014, le directeur du site Aubert et Duval des Ancizes-Comps nous apprend qu’un plan social est en préparation pour la fin de l’année. Selon lui, l’entreprise traverse une année de crise, àl’issue de laquelle l’aciérie des Ancizes devra « courber l’échine  ». Nous pourrions pleurer àchaudes larmes en lisant le bilan dressé par Monsieur le directeur. Effectivement, le chiffre d’affaires d’Aubert et Duval n’est « que  » de 260 millions d’€, soit un niveau inférieur à2009, et l’entreprise doit faire face àune concurrence féroce.


31 octobre 2014

Mais au lieu de nous apitoyer sur ce qui nous a été annoncé, nous rappellerons d’abord qu’Aubert & Duval est une filiale à100% du groupe ERAMET qui a réalisé en 2013 le chiffre d’affaires consolidé de près de 4 milliards d’euros, permettant le versement de 221 millions d’euros àses actionnaires en 2012. C’est aussi dans ce contexte, moins « noir  », que le chiffre de 200 suppressions d’emplois, d’ici 2015, est régulièrement annoncé.
Nous le voyons avec ces chiffres positifs pour la trésorerie du groupe, rien ne peut justifier aujourd’hui les restructurations et le plan social annoncé par le directeur d’Aubert et Duval aux Ancizes.
Ces orientations meurtrières pour l’emploi et pour l’avenir industriel de nos territoires sont d’autant plus inacceptables que la direction d’Eramet a racketté, au mois de juin 2014, la coquette somme de 1,9 Million d’euros àl’Europe (via le FEDER géré par la région) et au Conseil régional d’Auvergne, via une aide exceptionnelle. Il s’agissait de financer le projet Ecotitanium visant àcréer le premier outil de recyclage du titane en Europe. Le Conseil général du Puy-de-Dôme et l’Etat ont également versé de l’argent public àl’entreprise pour son projet.
Les groupes Front de gauche et EELV au Conseil régional s’étaient opposés àl’époque au versement de ces aides économiques, considérant que « les collectivités ne sont ni des banques ni les esclaves de groupes financiers et industriels sans scrupule  ».
L’attitude d’Aubert et Duval et du groupe ERAMET n’est pas recevable.
Avec les 211 millions d’euros versés aux actionnaires, nous percevons parfaitement que ce n’est pas l’emploi qui coà»te cher mais bel et bien le coà»t du capital, au regard du pactole gagné par les vautours de la finance. L’emploi ne peut pas être considéré comme une variable d’ajustement.
Au lieu de procéder àun douloureux plan social, la direction du groupe ERAMET serait plus inspirée d’investir dans le développement du secteur de l’acier en plein essor en mettant les moyens sur l’innovation, la création d’emplois et de richesses. Notre pays et notre région ont besoin d’une véritable industrie capable de faire vivre et rayonner nos territoires.

Eric DUBOURGNOUX
Président du Groupe Front de Gauche au Conseil Régional d’Auvergne

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