Austérité :

Sarkozy (UMP) / Migaud (PS) même combat

Nicolas Sarkozy s’est réjoui des conclusions “utiles†du rapport de la Cour des comptes que lui a remis le président socialiste de l’institution, Didier Migaud.


14 mars 2011

Il s’est félicité que la Cour se prononce en faveur d’une correction « rapide  » des divergences fiscales franco-allemandes. « La Cour recommande d’élaborer une stratégie fiscale au service de la réduction des déficits et du développement de la compétitivité  », a noté le chef de l’État dans un communiqué. « Avec la réforme de la taxe professionnelle, la suppression des niches fiscales inutiles, le crédit impôt-recherche et la réforme de la fisca-lité du patrimoine, la politique menée par le gouvernement s’inscrit clairement dans cette stratégie  », a-t-il ajouté.
Le rapport rétablit cependant quelques vérités. Il souligne ainsi que les deux pays ont des « taux de prélèvements obligatoires [...] sensiblement plus élevés que la moyenne de l’Union européenne à27  ». Il évalue l’écart de taux entre les deux pays àseulement 3,5 points alors que Nicolas Sarkozy, qui n’en est pas àune contre¬vérité près, n’avait pas hésité lors d’une de ses interventions àle porter àrien de moins que 8 points.
La Cour, en outre, montre que la structure des prélèvements obligatoires est différente des deux côtés du Rhin, la part revenant àla protection sociale étant plus importante en France.
Elle souligne que si ce qu’elle appelle la « taxation du capital  » – elle y inclut la taxe d’habitation ! – serait plus importante dans l’Hexagone, nos voisins en revanche imposeraient davantage les revenus du capital.
Enfin la Cour souligne que les systèmes des deux pays « aboutissent àun taux global voisin de prélèvements sur les entre¬prises  ».
Au-delàde cela, le rapport ressemble àun catéchisme pour jeune adhérent du Medef ou de l’UMP. Il préconise de faire converger notre système de prélèvements avec celui en vigueur àBerlin sans avoir prouvé que c’est de celui-ci que l’économie allemande tire sa force. Il ignore délibérément certains facteurs pointés par nombre d’économistes, y compris par ceux proches du patronat, tels que la proximité du secteur bancaire allemand àl’égard de son tissu industriel, les questions de formation, et de recherche-développe-ment…
Pour ce qui concerne les mesures concrètes, il reprend àson compte les dispositions déjàavancées par des caciques de la droite comme Jean-François Copé ou du social-libéralisme comme Manuel Valls. Il appelle ainsi « Ã engager un processus de substitution progressive d’un financement àcaractère universel àun financement professionnel, assis sur les salaires, pour des politiques publiques sans rapport direct avec l’entreprise  ».
Traduit du langage de la technocratie, cela signifie que la Cour se prononce pour une réduction des cotisations patronales et le transfert de ces charges vers la fiscalité. Elle suggère ainsi « une réduction des niches fiscales et sociales  » et un aligne¬ment du régime français de TVA àtaux réduit sur celui de l’Allemagne, moins favorable et appliqué àun nombre plus réduit de biens et services.
Cela pourrait, selon elle, rapporter jusqu’à15 milliards d’euros de plus par an àl’État. Les entreprises paieraient moins et les consommateurs travailleurs, plus.
Enfin, la Cour se prononce en faveur d’une inscription « juridiquement contraignante  » vis-à-vis de la représentation nationale « du refus de principe de tout déficit  » public et social.
Làencore, Nicolas Sarkozy a fait part de son extrême satisfaction.


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