L’utilité du Front des luttes

Le G20 sert de prétexte àde nouveaux tours de vis creusant les inégalités. Autant de G20, autant de martiales déclarations, autant d’actes les contre¬disant. Depuis 2008, face àla crise la plus profonde qui affecte le monde capitaliste depuis 1929 et face àune opinion dans la tenaille des promesses non tenues et des difficultés sans borne du quotidien, deux facteurs pouvant aller jusqu’àremettre en cause la logique même du système, le bilan du chef de l’État est accablant. La mise au pas des marchés financiers  ? La fin des paradis fiscaux  ? La chasse aux patrons voyous  ? On attend toujours et l’on pourra attendre longtemps.


7 novembre 2011

En revanche, ce que l’on peut constater, c’est que le coà»t de deux ans de soutien sans faille des États européens àces mêmes banques aura mobilisé quatre mille cinq cents milliards d’euros d’aides publiques. Cela, c’était avant la « â€¯crise grecque  ». La dette du pays a été gonflée, notons-le au passage, par des opérations douteuses conseillées par des banques telle Goldman Sachs, dont le dirigeant européen vient de succéder àJean-Claude Trichet àla tête de la Banque centrale  : aucun risque àcraindre de ce côté-làpour entamer la logique qui étrangle les peuples. La nouvelle rencontre des chefs d’État les plus puissants de la planète élargie àquelques pays émergents signe un festival de mauvais coups. On annonce de nouveaux tours de vis étranglant les comptes publics comme creusant les inégalités, au travers d’une hausse de la TVA et de nouvelles restrictions dans l’accès aux soins.

La France est le quatrième pays le plus riche de la planète mais la crise en cours, àen croire « â€¯le président des riches  », ne serait pas due àses choix politiques au service exclusif des privilèges de la caste qu’il défend, mais àceux qui, par le passé, ont eu le courage de chercher àfaire coïncider progrès économique et avancées sociales, de la création de la Sécurité sociale aux 35 heures en passant par la retraite à60 ans. Beaucoup ont payé de leur vie pour que cela voie le jour. Certains meurent aujourd’hui, dans la rue ou dans de grandes entreprises, des logiques inhumaines àl’œuvre. Il est donc urgent de rompre avec ces politiques, dont la première des conditions est que ce pouvoir-làsoit défait l’an prochain aux élections présidentielle et législatives.

Mais c’est aujourd’hui que la crise frappe. Si l’on ne veut que la désespérance, la division, le populisme xénophobe ne gagnent du terrain, c’est une grande bataille des consciences qui s’engage. Pour que la lumière d’un autre avenir possible, construit en commun, se remette àbriller. On l’a vu au moment des manifestations pour les retraites  : ils sont des millions, toutes générations confondues, àattendre un relais politique àleurs aspirations. On l’a vu avec la création d’un comité de vigilance de l’usine Sevelnord, cible des choix de rentabilité financière àcourt terme de PSA  : avec le député communiste Alain Bocquet, il réunit des centaines d’habitants, ouvriers du site et élus. Au rythme de la casse en cours, une telle démarche est àpopulariser car si une majorité de gauche devra mettre en Å“uvre une politique fiscale rompant avec les largesses du sarkozysme àl’égard des nantis, aucune issue àla crise ne sera possible sans une politique industrielle et énergétique d’une ambition nouvelle.
Ouvrir le débat national àgauche comme être présent au plus près et avec les victimes d’une politique qui aggrave la crise  : telle est bien l’aune àlaquelle Front de gauche et, àses côtés, Front des luttes démontreront leur utilité dans les mois qui viennent


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